Le changement climatique nous menace tous. Il est plus important que jamais d'investir dans une eau et un assainissement résilients

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WaterAid/Basile Ouedraogo

Le dernier rapport du GIEC montre un lien évident entre le changement climatique et l'eau. Les dirigeants mondiaux doivent agir maintenant, s'engager à réduire considérablement les émissions et veiller à ce que chacun, où qu'il vive, dispose d'une source d'eau fiable et sûre.

L'activité humaine est « incontestablement » la cause des changements rapides de notre climat, notamment l'élévation du niveau de la mer, la fonte des glaces polaires et des glaciers, les vagues de chaleur, les inondations et les sécheresses. C'est ce qui ressort du dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Selon ce rapport, qui représente l'ensemble des connaissances acquises à ce jour sur les bases physiques du changement climatique, les températures devraient augmenter de plus de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels au cours des deux prochaines décennies. Non seulement cela contreviendait aux engagements de l'accord de Paris de 2015, mais cela entraînerait une dévastation généralisée et des conditions météorologiques encore plus extrêmes, plus régulièrement. Seules des réductions rapides et drastiques des gaz à effet de serre au cours de cette décennie peuvent empêcher une telle rupture climatique.

Cette nouvelle n'est pas surprenante. Nous savons déjà que la hausse des températures mondiales affectera (et affecte déjà) la vie sur la planète. Nous sommes tous menacés. Mais nous savons aussi qu'il ne nous reste qu'une petite marge pour y remédier.

Le rapport du GIEC démontre également le lien évident entre le climat et l'eau. Les longues sécheresses suivies de graves inondations dans de nombreuses régions dévastent les communautés, en particulier celles qui n'ont pas accès à un service d'eau géré de manière sûre.

Aujourd'hui, 771 millions de personnes n'ont toujours pas d'eau potable à proximité de chez elles. Des systèmes d'eau bien gérés peuvent protéger l'accès à un approvisionnement fiable en eau. Des systèmes d'assainissement adéquats peuvent résister aux inondations. Et, comme nous l'avons constaté lors de la pandémie de COVID-19, les comportements d'hygiène tels que le lavage des mains constituent une première ligne de défense cruciale contre la propagation des maladies.

Actuellement, , seuls 5 % du financement mondial total pour le climat sont consacrés à aider les pays à s'adapter au changement climatique, et cet argent n'est pas destiné aux communautés les plus vulnérables au changement climatique. Ce niveau de financement est totalement inadapté à la crise croissante. Certains des pays les plus vulnérables au changement climatique ne reçoivent qu'un dollar par personne et par an pour investir dans l'eau.

De nouvelles estimations réalisées par WaterAid et Vivid Economics montrent que les investissements dans l'eau potable, l'assainissement et l'hygiène (WASH) apportent des bénéfices 21 fois supérieurs à leurs coûts initiaux. Cela signifie que des milliers de milliards de dollars pourraient être mis à disposition, tout en favorisant la santé, l'égalité et la durabilité. Fournir l'argent nécessaire pour renforcer l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène dans le cadre de l'adaptation au climat apporterait des avantages économiques à des communautés entières.

À l'approche de la conférence des Nations unies sur le climat (COP26) qui se tiendra en novembre 2021, WaterAid demande instamment à tous les pays à revenu élevé d'augmenter de manière significative le montant du financement climatique alloué aux mesures d'adaptation. Il s'agit notamment de respecter les engagements pris précédemment de donner la moitié du financement de l'adaptation climatique aux communautés vulnérables pour les aider à faire face aux dures réalités de la vie avec le changement climatique.

Le rapport du GIEC présente un avenir possible qu'il est difficile d'appréhender. Les gouvernements, le secteur privé et le public doivent maintenant opérer d'énormes changements pour éviter que le pire ne se produise. Les dirigeants du monde entier doivent prendre les devants et montrer qu'un avenir différent est possible en s'engageant à réduire considérablement les émissions, tout en veillant à ce que chacun, quel que soit son lieu de résidence, dispose d'une source d'eau fiable et sûre afin de devenir plus résilient au changement climatique.

Jenny Fors est responsable de la politique et du plaidoyer pour WaterAid Suède.

Image du haut : Eveline Kabore porte de l'eau sale recueillie dans un trou creusé dans le sable, dans un lit de rivière partiellement asséché situé à Sablogo, au Burkina Faso, janvier 2018.