Comment peut-on attendre des sages-femmes qu'elles dispensent des soins de qualité sans eau propre ?

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C'est la question dont nous allons discuter du 18 au 22 juin, lorsque 4 000 sages-femmes et autres professionnels de la santé et décideurs politiques du monde entier se réuniront au congrès de la Confédération internationale des sages-femmes à Toronto, au Canada. Dan Jones, notre coordinateur du plaidoyer mondial, lance un appel à l'action.

En tant que professionnel de la santé, je suis profondément préoccupée par le fait que de nombreux établissements de soins de santé n'ont toujours pas accès à l'eau, aux équipements sanitaires et au lavage des mains, même les plus élémentaires.

C'est ce qu'a déclaré le Dr Margaret Chan, l'ancienne directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé. Nous espérons maintenant que l'eau, l'assainissement et l'hygiène (EAH) dans les établissements de santé seront considérés comme un élément essentiel du programme du nouveau directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. L'ancien ministre éthiopien des affaires étrangères et de la santé a déclaré que la promotion de la couverture universelle des soins de santé était sa priorité absolue. Nous espérons que son autorité en matière de couverture sanitaire universelle reconnaîtra que l'objectif de soins de santé de qualité pour tous restera impossible à atteindre tant que 42 % des établissements de santé en Afrique subsaharienne n'auront pas accès à une source de base en eau.

J'écris ces lignes alors que je fais les derniers préparatifs pour rejoindre mes collègues de WaterAid Canada et de Tanzanie afin de participer au congrès de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM) à Toronto, au Canada. L'ICM soutient, représente et travaille au renforcement des associations professionnelles de sages-femmes dans le monde entier. Ensemble, ces associations représentent plus de 300 000 sages-femmes dans le monde. Le congrès de l'ICM se tient tous les trois ans. Cette année, 4 000 personnes de 130 pays y ont participé. WaterAid est ravie de faire partie du Congrès de l'ICM en tant que Sponsor des Amis et Exposant, et de diriger l'organisation d'un Panel de Partenaires Pléniers.

Un bon départ pour tous

L'année dernière, l'ICM et WaterAid, en collaboration avec la Fédération des infirmières et des sages-femmes du Commonwealth et le réseau Healthcare Information For All, ont lancé notre campagne Healthy Start à l'intention des professionnels de la santé, appelant à des soins de santé de qualité pour tous d'ici 2030. La réalisation de l'objectif mondial de l'accès à l'eau potable pour tous, partout, sera fondamentale pour atteindre ce but. Mais beaucoup trop de sages-femmes dans les pays à faible et moyen revenu manquent de moyens élémentaires pour assurer la sécurité des patients.

Une salle de travail sans eau représente un danger pour la vie des nouveau-nés. Si un nouveau-né avec un cordon frais [cordon ombilical] est lavé avec de l'eau provenant de puits peu profonds ou d'une eau non potable, il risque d'être exposé à des maladies comme le tétanos néonatal ou la septicémie néonatale, ce qui peut lui être fatal. Nous savons que nous sommes censés nous laver soigneusement les mains avant de nous occuper d'un autre patient, mais que faire lorsqu'il n'y a pas d'eau courante ?

- Mary Mwape, sage-femme au Lubwe Mission Hospital, dans le nord-est de la Zambie.

Malheureusement, l'expérience de Mary n'est pas un cas isolé. On estime qu'un bébé sur cinq qui meurt au cours de son premier mois de vie dans les pays à faible et moyen revenu aurait pu survivre s'il avait été lavé à l'eau propre et soigné dans un environnement sain par des personnes qui s'étaient lavé les mains. En 2013, quatre bébés sont morts toutes les cinq minutes en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud de causes fortement évitables telles que la septicémie, la méningite ou le tétanos, autant d'infections intrinsèquement liées au manque d'hygiène.

L’infirmière Esther Mongi recueille de l’eau propre à un point d’eau situé à l’extérieur du centre de santé de Mlali, dans le district de Mvomero, en Tanzanie.
L’infirmière Esther Mongi recueille de l’eau propre à un point d’eau situé à l’extérieur du centre de santé de Mlali, dans le district de Mvomero, en Tanzanie.
WaterAid/Eliza Deacon

Mais les choses changent.

À l'échelle mondiale, l'OMS et l'UNICEF dirigent un plan d'action mondial sur le programme WASH dans les établissements de soins. Lors d'une réunion qu'elles ont récemment organisée au Népal,quatre équipes nationales de WaterAid ont partagé leurs expériences pour aborder ces questions et améliorer la situation des professionnels de santé sur le terrain.

Au congrès de l'ICM, je serai accompagné du Dr Ibrahim Kabole, directeur national de WaterAid Tanzanie, qui partagera son point de vue de médecin et d'expert WASH en mtière de solutions et d'actions à mener. Sœur Juliana Cyril Msoffee, sage-femme tanzanienne, parlera de ses propres défis et du rôle que toutes les sages-femmes peuvent jouer pour obtenir des changements pour elles-mêmes et pour les autres. Des chercheurs en santé et des décideurs de l'OMS et de l'initiative canadienne Innovations pour la santé maternelle et infantile en Afrique apporteront une perspective mondiale. La journaliste et auteure Elizabeth Renzetti, du quotidien canadien Globe and Mail, sera la modératrice de la conférence, ce qui garantira de nombreuses discussions et interactions avec des sages-femmes du monde entier.

Rejoignez-nous à l'ICM 2017, ou suivez-nous sur Twitter, pendant que nous discutons du moyen de contrecarrer cette situation inacceptable. Notre équipe tweetera tout au long de la semaine sous les pseudos @wateraid, @WaterAidCanada et @WaterAidTZ, et utilisera le hashtag #HealthyStart

Dan Jones tweete sous le pseudo @danrodmanjones