Revues de l'aide du DfID - que signifient-elles pour l'eau, l'assainissement et l'hygiène ?

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WaterAid/James Kiyimba

Bethan Twigg, responsable du plaidoyer de WaterAid au Royaume-Uni, examine les forces et les faiblesses des nouveaux examens du développement bilatéral et multilatéral du ministère britannique du développement international (DfID), et la place qu'y occupe le programme WASH (eau, assainissement et hygiène).

C'est officiel, les rapports tant attendus du DfID sont enfin disponibles. Les rapports de développement bilatéral et multilatéral définissent comment et où le gouvernement britannique dépensera son aide bilatérale (l'argent envoyé directement aux gouvernements des pays en développement) et multilatérale (à des organisations telles que les Nations Unies et l'UE), les thèmes, secteurs et pays prioritaires, ainsi que les agences multilatérales qu'il considère les mieux placées pour concrétiser les priorités du Royaume-Uni en matière d'aide.

Avec la nouvelle stratégie d'aide britannique de novembre dernier, ils font partie de l'examen plus large du développement international du Royaume-Uni et encadreront l'approche, l'attention et les priorités du gouvernement britannique en matière de développement et d'aide extérieure, y compris l'eau, l'assainissement et l'hygiène (EAH), pour les quatre prochaines années.

Des engagements qui inspirent la fierté

Il y a beaucoup de choses à saluer dans ces rapports : le réengagement du Royaume-Uni à consacrer 0,7 % du revenu national brut (RNB) à l'aide extérieure, l'accent mis sur la réduction de la pauvreté, l'engagement à jouer un rôle majeur dans la réalisation des objectifs mondiaux et à être un leader mondial en matière de santé, d'éducation, de nutrition et de handicap. Il convient également de saluer l'importance accordée à la bienveillance, la transparence et l'ouverture sur l'extérieur, ainsi que la volonté de ne tourner le dos à personne.

Compte tenu de la décision prise par la population britannique de sortir de l'UE et de l'arrivée d'un nouveau Premier ministre et de nouveaux ministres, y compris au DfID, ces engagements continus de solidarité avec les personnes les plus vulnérables du monde envoient un message fort à l'international, dont le Royaume-Uni peut être fier.

Le rapport de développement bilatéral confirme l'intention du gouvernement de fournir un accès à l'eau potable et à l'assainissement à 60 millions de personnes supplémentaires avant 2020. Toutes ces interventions mettront l'accent sur l'hygiène, ce qui constitue un renforcement des précédents critères d'intervention EAH du DfID. Assurer à 60 millions de personnes, soit l'équivalent de la population du Royaume-Uni, l'accès à ces services essentiels au respect de leurs droits fondamentaux représentera une contribution vitale pour mettre fin à la pauvreté en eau dans le monde et progresser vers l'Objectif de développement durable (ODD) 6 et l'Agenda 2030.

Y a-t-il des lacunes ?

Des questions restent néanmoins sans réponse : alors que la moitié du budget de l'aide doit aller aux États et régions fragiles, qu'advient-il des pays peu développés mais stables, comme le Mozambique ou la Tanzanie, où la pauvreté reste extrêmement élevée ?

L'augmentation importante du financement d'organismes d'investissement tels que le CDC Group (anciennement connu sous le nom de Commonwealth Development Corporation, dont l'impact réel sur le développement est moins avéré et qui a récemment fait l'objet de critiques de la part des médias pour ne pas avoir atteint les personnes les plus pauvres) risque-t-elle de diluer l'objectif de réduction de la pauvreté du DfID ?

L'urgence accordée à l'adaptation au changement climatique est-elle suffisante ? Et, en ce qui concerne l'eau et l'assainissement, l'objectif d'atteindre 60 millions de personnes est-il suffisamment ambitieux pour un ministère du Développement de premier plan qui s'est engagé à réaliser l'ODD 6 ? Cela ne représente qu'une fraction de ce que deux pays prioritaires du DfID, le Nigeria et le Pakistan, doivent réaliser d'ici 2030.

WaterAid a demandé au DfID d'augmenter le pourcentage des dépenses d'aide au développement consacrées à l'amélioration des services d'EAH chaque année jusqu'en 2020, car il s'agit d'une utilisation extrêmement efficace du budget d'aide du Royaume-Uni. Cependant, le rapport n'indique pas que l'EAH recevra des ressources supplémentaires et ne parle pas de la manière dont le DfID peut contribuer au renforcement institutionnel du secteur, un axe bienvenu pour ses programmes de santé. Compte tenu des engagements renouvelés du DfID en matière de transparence, ce serait formidable d'avoir plus de détails sur la manière dont le budget total consacré à l'EAH sera dépensé et distribué d'ici 2020.

Les autres engagements du DfID à être le leader mondial du développement dans les domaines du handicap, de la nutrition, de l'éducation et de la santé maternelle et infantile nécessitent des investissements dans l'EAH pour être efficaces et durables. Cela nécessitera une meilleure coordination entre les programmes, en se concentrant sur les domaines et les programmes d'EAH, si l'on veut obtenir des résultats plus concrets et durables et contribuer à créer un monde où l'accès à l'eau et à l'assainissement est universel d'ici 2030.

Retrouvez Bethan Twigg sur Twitter : @b_twigg