Sept choses à retenir de l'Assemblée mondiale de la santé

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Une délégation des membres du personnel de WaterAid venus d'Australie, du Cambodge, du Sénégal, du Royaume-Uni et des États-Unis a récemment participé à la 69e Assemblée mondiale de la santé à Genève, en Suisse. L'équipe réfléchit à la manière d'influencer les ministres de la Santé pour qu'ils fassent de l'eau, l'assainissement et l'hygiène une priorité. Voici sept choses que nous avons apprises.

1. L'eau, l'assainissement et l'hygiène sont essentiels pour prévenir ou atténuer de nombreuses menaces sanitaires mondiales.

Une grande partie des discussions à Genève ont porté sur la manière dont la communauté mondiale de la santé peut se mobiliser et trouver de nouveaux moyens de lutter contre des menaces telles que le virus Ebola, la résistance aux antimicrobiens et le virus Zika.

Nous avons appelé à la reconnaissance du fait que l'eau, l'assainissement et l'hygiène sont essentiels au renforcement des systèmes de santé pour répondre à de telles crises. Nous avons exhorté les ministres de la santé à joindre l'acte à la parole, en tirant comme enseignement que l'eau potable, l'hygiène améliorée et l'assainissement ont été essentiels pour atténuer la propagation d'Ebola et sauver des vies, et seront vitaux pour stopper les futures menaces sanitaires.

Apollos Nwafor, responsable régional du plaidoyer pour la région de l'Afrique de l'Ouest pour WaterAid, a saisi l'occasion pour discuter avec les délégations du Nigéria, du Sénégal, du Mali et du Ghana de la manière dont le programme WASH sera pris en compte dans les plans pour un centre régional de contrôle des maladies (ECOWAS-CDC) afin d'améliorer la coordination régionale et le traitement des urgences sanitaires.

Megan Wilson-Jones, analyste des politiques pour la santé et l'hygiène pour WaterAid UK, a également discuté de la nécessité pour le programme WASH d'être un élément central de la lutte contre Ebola et d'autres épidémies :

2. Pour concrétiser les espoirs de l'Agenda 2030, il faudra adopter de toutes nouvelles méthodes de travail dans tous les secteurs, thèmes, ministères et pays.

« L'intégration » est l'un des principaux mots à la mode du nouveau programme de développement durable, mais nous devons à présent le traduire en un changement concret dans la façon dont la communauté du développement agit, se structure, s'exprime et évalue la réussite.

Dans notre déclaration sur la santé pour le Programme de développement durable à l'horizon 2030, nous avons demandé que l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène soit évalué comme une contribution à l'obtention de résultats en matière de santé, bien qu'il soit inclus dans un objectif distinct.

Comme le souligne la campagne Healthy Start de WaterAid, l'objectif 3 pour une vie saine pour tous, et en particulier le souhait très débattu d'une couverture de santé universelle, ne peut être atteint si les hôpitaux et les cliniques ne disposent pas d'eau potable. Comment pouvons-nous mettre fin à la malnutrition (objectif 2) sans une action conjointe avec les services WASH (objectif 6), sachant que l'on estime que la moitié des retards de croissance sont associés à des infections liées à une eau insalubre et à l'absence de toilettes et d'installations pour le lavage des mains?

Apollos Nwafor, responsable régional du plaidoyer pour l'Afrique de l'Ouest, a fait une déclaration sur l'importance de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène pour atteindre les objectifs mondiaux liés à la santé dans le cadre de l'Agenda 2030 :

3. L'importance des échanges directs est sérieusement sous-estimée.

Le plaidoyer, les efforts de campagne et le lobbying (autant de termes aux définitions controversées !) revêtent de nombreuses formes différentes, mais l'Assemblée mondiale de la Santé nous a rappelé qu'aucun média social, aucune lettre ou pétition ne peut avoir l'influence et l'impact potentiel d'un contact direct.

La délégation du gouvernement cambodgien était très présente pour soutenir l'intégration de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène dans le domaine de la santé. Channa Sam OI, de WaterAid Cambodge, a pu établir un rapport vital avec le Dr Lo Veasnakiry, haut fonctionnaire du ministère de la Santé, qui a souligné la nécessité d'une action urgente en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène dans les établissements de santé.

4. Certains pays réalisent d'énormes progrès pour la santé pour tous, et les services WASH sont essentiels pour leur réussite.

C'était fantastique de voir les délégations de certains pays faire des progrès significatifs dans l'amélioration de la santé de leurs citoyens, et ce en donnant la priorité au programme WASH. C'était le cas du Cambodge. La délégation éthiopienne a, elle aussi, saisi l'occasion de souligner les progrès considérables qu'elle a accomplis en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène dans le secteur de la santé et de partager des enseignements importants avec les autres délégations nationales.

Qu'il s'agisse de rendre les hôpitaux plus propres et plus sûrs ou de protéger les membres les plus pauvres et les plus vulnérables de la population de l'agonie et de la pauvreté causées par des maladies tropicales négligées, le dévouement de la délégation éthiopienne pour la santé publique était évident.

« Le point culminant pour moi, comme toujours, a été l'occasion de s'engager avec les délégations des États membres », a déclaré Yael Velleman, analyste principal des politiques, santé et hygiène, WaterAid UK.

« Loin de nos bureaux respectifs, l'AMS offre un espace ouvert dans lequel il est possible de favoriser de nouvelles relations et d'établir une collaboration. »

5. Le chef cuisinier Jamie Oliver est déterminé à mettre fin à la malnutrition.

L'un des événements les plus animés et les plus passionnants était « Accélérer les progrès nationaux dans la lutte contre l'obésité et la sous-nutrition infantiles de manière durable », co-animé par une coalition improbable de 12 organisations, dont WaterAid et le célèbre chef cuisinier Jamie Oliver. L'événement a vu 12 États membres faire des déclarations sur leur soutien en faveur de la nutrition, dont beaucoup étaient des engagements SMART. Il a également rassemblé, pour la première fois, des organisations travaillant à la fois sur la surnutrition et la sous-nutrition afin de mobiliser une action collective.

Nous sommes souvent sceptiques quant au « pouvoir de la célébrité », mais l'appel de Jamie Oliver pour une « révolution alimentaire » a attiré l'attention d'une salle comble d'experts de la santé, et son engagement à aller jusqu'au bout et à demander des comptes aux dirigeants mondiaux était admirable. Pour WaterAid, nous avons appelé à une action intergouvernementale et intersectorielle beaucoup plus importante intégrant l'eau, l'assainissement et l'hygiène dans la lutte contre la malnutrition. Alors que le sommet « Nutrition for Growth » (Nutrition pour la croissance) prévu cet été aux Jeux olympiques de Rio est plongé dans l'incertitude en raison des crises politique et sanitaire au Brésil, l'effervescence et l'énergie ressenties lors de cet événement de l'AMS devront être maintenues si nous voulons obtenir les engagements politiques et financiers intersectoriels nécessaires pour mettre fin à la malnutrition d'ici 2030.

Dans cette vidéo, Jamie s'entretient avec le professeur Carinna Hawkes, coprésidente de Global Nutrition Report, sur la nécessité de prendre des engagements « SMART » pour mettre fin à la malnutrition :

6. Les services d'eau, d'assainissement et d'hygiène dans les établissements de soins de santé commencent à recevoir l'attention dont ils ont besoin de toute urgence.

L'un des moments forts pour nous a été l'engagement avec les États membres, la société civile, les agences de l'ONU et les organisations du secteur privé pour partager leurs expériences sur les besoins en eau, assainissement et hygiène des établissements de santé. Cela a été réalisé grâce aux deux événements parallèles que nous avons soutenus sur la sécurité sanitaire mondiale et l'autonomisation et la santé des femmes. Ces événements ont permis de présenter des exemples de leadership et d'actions nationales en Éthiopie, au Cambodge et en Ouganda en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène dans les établissements de santé, et ont donné lieu à des discussions animées avec les intervenants et le public. Les deux événements ont bénéficié du leadership et du soutien de l'OMS.

En réponse, nous avons pu établir de nouvelles relations, amener de nouveaux membres à s'impliquer dans le Plan d'action mondial pour l'eau, l'assainissement et l'hygiène dans les établissements de santé et inciter d'autres personnes à agir. Plus important encore, cela a conduit à des engagements renouvelés de la part de l'Éthiopie et du Cambodge, qui sont déjà à la pointe du progrès au niveau mondial, pour améliorer les services WASH dans les établissements de santé. Le débat de l'Assemblée mondiale de la Santé sur les moyens de lutter contre l'augmentation de la résistance aux antimicrobiens a également mis en évidence le rôle central des services WASH en matière de santé.

Lors de l'assemblée, Alison Macintyre, responsable des politiques en matière de santé pour WaterAid Australie, a expliqué pourquoi il fallait mettre l'accent sur les services WASH dans le plan d'action mondial de lutte contre la résistance aux antimicrobiens :

7. La 70e Assemblée mondiale de la Santé pourrait constituer une opportunité majeure.

La plupart des personnes qui travaillent dans le domaine du développement international se demandent si les sommets et les conférences mondiales permettent vraiment d'obtenir des résultats. Pas en soi, certainement, mais notre expérience lors de l'AMS de cette année, et les progrès réalisés depuis la première participation de WaterAid à l'Assemblée en 2010, nous donnent le sentiment optimiste que le changement est possible, et qu'un rassemblement mondial des ministres de la santé comme celui-ci peut être un important levier et catalyseur d'amélioration.

Notre ambition est de voir la 70e Assemblée mondiale de la Santé de l'année prochaine prendre des mesures mondiales et nationales encore plus importantes pour garantir que chaque mère qui accouche ou que chaque enfant soigné dans une clinique ou un hôpital puisse recevoir le bon traitement et la qualité des soins auxquels ils ont droit, parce que ces établissements ont accès à l'eau potable, à l'assainissement et à l'hygiène.

Retrouvez Dan Jones sur Twitter : @danrodmanjones