Where’s the Bloody Queen? Les obstacles rencontrés par les femmes et les jeunes filles à l'école et au travail - une note d'information sur la santé menstruelle

Prabha Gimire, 36, a teacher, addressing her class in Malhanma, Lahan, Nepal, April 2021.
Image: WaterAid/ Sailendra Kharel

Environ 500 millions de femmes et de jeunes filles* ont des difficultés à gérer leurs règles. Cette note d'information donne un aperçu des liens entre la santé menstruelle et les obstacles auxquels les femmes et les filles sont confrontées pour participer à l'école et au travail, en tant que dimensions fondamentales de l'autonomisation économique des femmes, et met en évidence la responsabilité partagée de la société.

L'eau propre, un assainissement décent et une bonne hygiène sont essentiels pour que les femmes et les jeunes filles puissent gérer leurs menstruations en toute sécurité, dans le respect de l'hygiène et avec dignité. Cependant, de nombreuses femmes et jeunes filles ont du mal à gérer leurs règles parce que leur lieu de travail et leur école ne sont pas adaptés à leurs besoins. 

  • Dans le monde, 546 millions d'enfants fréquentent une école qui ne dispose pas d'un service d'eau de base. 
  • Au Bangladesh, 30 % des écolières déclarent qu'elles manquent en moyenne 2,5 jours d'école par mois lorsqu'elles ont leurs règles.
  • En Ouganda, 19 % des femmes s'absentent habituellement de leur travail pendant leurs règles. 

Les femmes qui ne peuvent pas travailler pendant leurs règles, ou qui sont moins productives en raison de problèmes liés à leurs menstruations et de conditions de travail discriminatoires, perdent leur salaire et sont souvent considérées comme des travailleuses peu fiables. Cela réduit non seulement leurs possibilités d'avancement, mais aussi leur productivité, ce qui a un impact négatif sur le PIB d'un pays.  En l'absence d'installations adéquates en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène (EAH) pour les aider à gérer leurs règles, les femmes et les jeunes filles risquent également de souffrir de divers problèmes de santé, notamment d'infections urinaires et de l'appareil génital, et d'une détérioration de leur santé mentale et de leur bien-être. 

Les femmes et les jeunes filles ont besoin d'un endroit privé, propre et sûr pour changer leurs serviettes ou tampons hygiéniques à l'école et au travail, avec de l'eau propre et du savon et un dispositif pour se débarrasser en toute sécurité du matériel usagé. Ces éléments essentiels leur permettent de fréquenter l'école plus longtemps et de participer plus efficacement à la vie active. 

Et cela ne profite pas seulement aux femmes et aux jeunes filles, mais aussi à l'ensemble de la société et de l'économie. Des niveaux d'éducation plus élevés augmentent les chances des femmes d'obtenir un emploi formel, ainsi que la parité salariale. En plus d'être une question de droits de l'homme et de justice sociale, l'émancipation économique des femmes contribue à réduire la pauvreté, à améliorer l'indépendance des femmes et l'égalité des sexes, et à renforcer la croissance économique et le développement. Il est donc dans l'intérêt de toutes les sociétés d'investir dans la santé menstruelle et de veiller à ce que les femmes et les jeunes filles puissent rester à l'école et occuper un emploi rémunéré.

Cette note d'information est destinée aux partenaires du développement, aux bailleurs de fonds, aux gouvernements et à toute personne intéressée par la compréhension des liens entre la santé menstruelle et les obstacles à la participation des femmes et des filles à l'école et au travail, en tant que dimensions fondamentales de l'autonomisation économique des femmes.

Ses principales recommandations sont les suivantes :

  • Les gouvernements doivent veiller à ce que les écoles, les lieux de travail et les institutions publiques soutiennent les femmes et les filles qui ont leurs règles afin qu'elles puissent participer pleinement à l'éducation et aux activités économiques et sociales sans discrimination. 
  • Les gouvernements, les bailleurs de fonds et les entreprises doivent investir dans des programmes EAH et de santé menstruelle tenant compte des spécificités de chaque sexe afin d'accroître l'autonomie économique des femmes et la croissance économique des pays, et de créer des sociétés plus égalitaires sur le plan des sexes. 
  • Les gouvernements doivent augmenter la quantité de données nationales collectées qui intègrent les indicateurs du PCS pour la santé menstruelle, ainsi que la liste restreinte d'indicateurs prioritaires pour la santé menstruelle des adolescentes, afin d'accumuler des preuves et de démontrer les progrès accomplis. 
  • La santé menstruelle doit être abordée comme un défi de développement multisectoriel en élargissant le mandat d'intervention et en collaborant avec des experts de différents domaines (EAH, DSSR, éducation ou encore égalité des sexes).

Pour en savoir plus sur la campagne Where's the Bloody Queen? de WaterAid Suède, cliquez ici

*Note sur la terminologie : toutes les femmes et les filles n'ont pas leurs règles, et toutes les personnes qui ont leurs règles ne sont pas des femmes. Le terme « femmes et filles » est utilisé comme terme abrégé pour améliorer la lisibilité, mais il fait référence à toutes les personnes qui ont leurs règles, y compris les filles, les femmes, les personnes transgenres et les personnes non binaires.

Image du haut : Prabha Gimire, 36 ans, enseignante, s'adressant à sa classe à Malhanma, Lahan, Népal, avril 2021.