Evaluation de la santé, sécurité et dignité des agents de l’assainissement à Banfora, Burkina Faso

WaterAid/ Basile Ouedraogo

Les agents d’assainissement fournissent un service essentiel : vidanger et nettoyer les excréments humains. Mais ils manquent souvent de reconnaissance et de soutien, en plus d’être marginalisés. La pandémie de Covid-19 a exacerbé leurs conditions de travail : heures plus longues sans équipement adéquat, formation no protection légale. WaterAid a conduit des évaluations rapides sur le thème des agents d’assainissement au Burkina Faso, dans le but de comprendre les conditions de travail des agents d’assainissement, et d’identifier les principaux défis ainsi que les opportunités pour les surmonter.

L’évaluation du Burkina Faso, y compris celle de la ville de Banfora, a été réalisée du 23 mars au 2 avril 2021, à l’aide d’une démarche méthodologique participative, impliquant les acteurs du secteur d’assainissement au niveau national, régional, et local. L’équipe d’étude a effectué une revue documentaire, en particulier pour comprendre les dispositions législatives et institutionnelles, et a interviewé 52 individus et facilité deux groupes de discussions.

Les villes de Bobo-Dioulasso et Ouagadougou ont fait des avancées pour le métier de vidangeur en termes d’organisation professionnelle et d’équipements de travail, mais il existe encore de grands défis pour les vidangeurs de ces villes, ainsi que les villes comme Banfora. L’étude a identifié les recommandations suivantes pour surmonter les défis clés du Burkina Faso :

  • Consulter les acteurs du secteur de l’assainissement qui interviennent à travers le Burkina Faso pour apprendre de leurs expériences
  • Saisir les opportunités de collaboration avec des initiatives en cours ou récentes
  • Informer le public sur le métier de la vidange par des émissions télés ou radio, des formations, et la création de ‘champions d’assainissement’ afin d’éliminer la discrimination envers les vidangeurs
  • Sensibiliser et doter les vidangeurs d’équipements de protection individuelle pour assurer une pratique de vidange hygiénique
  • Créer des associations de vidangeurs dans les communes pour améliorer leur organisation et faciliter le soutien financier et technique
  • Formaliser le métier de la vidange par des formations, des attestations et un agrément reconnu et géré par l’état
  • Acheter des terrains pour construire des sites de dépotage, de traitement, et de valorisation des boues de vidange
  • Assurer un suivi sanitaire pour les vidangeurs en subventionnant des vaccins, en signant des conventions avec le district sanitaire, et en formalisant un carnet de santé pour exercer un service de vidange

Ressources supplémentaires

Image en haut: Wendgoundi Sawadogo, agent d’assainissement, dans une latrine, Ouagadougou, Burkina Faso.