Partenariats : tisser des liens solides est essentiel pour permettre un accès mondial à l'eau, l'assainissement et l'hygiène

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WaterAid/Andrew McConnell

La collaboration est l'une des valeurs fondamentales de WaterAid et nous savons qu'elle est essentielle à la réalisation de nos objectifs et de notre vision d'un accès à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène pour tous. Louisa Gosling, responsable des programmes de qualité chez WaterAid, revient sur la façon dont nous avons réévalué la qualité de nos partenariats et la manière de maintenir des relations saines.

Collaborer, en pratique, signifie travailler aux côtés de nombreux types d’organisations différentes, de différentes manières et à des fins différentes, aux niveaux local, régional et mondial. Nous travaillons dans le cadre de partenariats, d’alliances, de réseaux et de consortiums avec une multitude d’entités, notamment des organes gouvernementaux, des organisations de la société civile, des ONG, des organisations communautaires, des institutions universitaires, des bailleurs de fonds, des réseaux, des médias et le secteur privé, afin d’essayer d’avoir le plus grand impact possible.

Comme toutes les relations, ces collaborations doivent être entretenues avec soin et nécessitent du temps et de l’attention pour qu’elles restent productives et saines. Chaque relation est unique, chaque partie impliquant ses propres opportunités et défis. Chacun doit travailler dur pour tirer le meilleur parti des opportunités et surmonter les difficultés.

Une autonomisation à double sens

En tant qu’organisation mondiale diversifiée, WaterAid peut partager son expertise, ses réseaux, sa crédibilité et son expérience en matière de services EAH à travers le monde avec ses partenaires de collaboration. Nous pouvons également nous appuyer sur les connaissances, les compétences, les ressources, la crédibilité et les réseaux de nos partenaires.

Notre vision ambitieuse rend essentielle l’autonomisation de chacun, en particulier des organisations et institutions nationales chargées de veiller à ce que des services EAH durables soient accessibles pour tous. Pour cela, nous avons besoin de relations autonomes, mutuellement responsables et respectueuses, qui permettent d’encourager des acteurs EAH plus forts et des liens plus solides entre les parties prenantes.

Cela est plus facile à dire qu’à faire, surtout lorsque WaterAid canalise l’argent vers d’autres organisations et peut donc être considéré comme un bailleur de fonds plutôt que comme un partenaire. La priorité accordée aux résultats du projet peut aussi, par inadvertance, occulter l’attention portée aux détails de la qualité des relations.

Que faire ?

La première étape pour améliorer nos pratiques de partenariat était de savoir ce que les partenaires pensent de nous : que faisons-nous bien, et que devons-nous améliorer ? WaterAid a chargé Keystone Accountability de réaliser une enquête auprès de nos partenaires en 2014. Nous avons constaté que :

  • WaterAid partage un grand nombre de forces et faiblesses avec les autres ONGI qui travaillent avec des partenaires nationaux, et, comme pour toutes les ONGI, certains aspects nécessitent des améliorations. Nous devons être plus stratégiques dans nos relations et accorder plus d’attention aux objectifs de développement à long terme de nos partenaires.
  • Analyser WaterAid du point de vue de ses partenaires s’est avéré une expérience inédite et osée pour de nombreuses personnes au sein de l’organisation, et a fourni beaucoup de matière à réflexion sur ce que nous pouvons faire de mieux pour développer des relations plus équitables, respectueuses et mutuellement responsables.

Qu’avons-nous fait ?

  • Depuis 2013, nous menons chaque année un programme de formation aux compétences de partenariat avec Partnerships in Practice (PiP). Il s’agit d’une série de travaux de groupe visant à analyser et à mieux comprendre à quoi ressemblent les relations de partenariat, et comment les entretenir. Certains commentaires des participants laissent penser que cela a eu un impact positif :

    « La formation a été une révélation. En tant que nouveau membre de WaterAid, j’ai pu mieux saisir le fonctionnement des partenariats au sein de WaterAid, du processus et de la réflexion stratégique qui entrent en jeu dans la création de partenariats »/

    « La formation permet de voir les choses sous un angle différent. Même pour les choses que l’on fait depuis un certain temps, la formation permet de se confronter à la réalité et de faire un examen de conscience. »
  • Nous avons encouragé les collègues de nos bureaux nationaux à utiliser le pilier partenariat du bilan de santé organisationnel BOND pour aider à diagnostiquer leurs propres atouts et faiblesses en matière de capacité de partenariat.
  • Nous avons développé un cadre de partenariat et une boîte à outils pour fournir des conseils pratiques sur les processus de sélection, d’évaluation, de développement des capacités, de communication, de résolution des conflits et de sortie des partenaires, soutenus par un guide spécifique destiné au personnel chargé des finances pour renforcer les bonnes pratiques en matière de partenariat.

Une grande question se pose donc : ces efforts d’amélioration de nos pratiques ont-ils un impact perceptible sur nos partenaires ? Ont-ils remarqué une amélioration dans la façon dont WaterAid les traite ? Pour le savoir, nous avons demandé à Keystone Accountability de mener à nouveau l’enquête originale, mais en version allégée. Cette fois, nous avons appris ce qui suit :

  • Les partenaires comprennent bien les plans et les stratégies de WaterAid, et se sont sentis très impliqués dans l’élaboration de la stratégie de WaterAid, ce qui est un signe positif car 2015 a été une période de planification stratégique très intensive.
  • Dans l’ensemble, le score moyen des questions a légèrement augmenté au fil du temps, ce qui laisse penser que certains domaines de la pratique du partenariat s’améliorent, bien que cela ne représente pas un changement significatif et qu’il y ait encore une marge d’amélioration.
  • Nous avons posé à nos partenaires la « question ultime » que toutes les grandes entreprises posent, à savoir : « Dans quelle mesure les partenaires recommanderaient-ils WaterAid à d’autres entités ? », nous avons obtenu un score positif de 42, ce qui est favorable si on le compare à d’autres organisations.

Avons-nous encore des choses à apprendre ?

Oui, plus que jamais.

Notre stratégie 2015-2020 nécessite des relations de collaboration complexes avec d’autres secteurs et avec de nombreux types d’organisations différentes, des mouvements sociaux aux institutions universitaires et de recherche. Parallèlement, nous devons travailler stratégiquement et systématiquement avec les pouvoirs publics à tous les niveaux pour renforcer leur capacité à fournir des services EAH durables. Ce n’est pas chose aisée, et cela nécessitera un haut niveau de compétences en matière de travail collaboratif.

Grâce au groupe d’apprentissage PPA sur le partenariat, nous avons tiré des enseignements des expériences d’autres organisations sur les questions cruciales auxquelles toutes les ONGI sont confrontées, comme la responsabilité, la mesure de la réussite des partenariats et la sortie responsable des relations. Les ressources sont partagées sur le site BOND, et les discussions ont directement alimenté le développement de nos capacités internes.

Quelles actions devons nous davantage entreprendre ?

  • Examiner plus en détail comment établir des relations avec différents types d’organisations, en particulier les partenaires gouvernementaux à tous les niveaux, pour leur permettre de renforcer leurs capacités en matière de services EAH.
  • Créer des processus plus stratégiques pour décider avec qui travailler et comment dans le cadre des nouvelles stratégies pays.
  • Travailler de manière à respecter davantage les objectifs, les aspirations et l’identité des autres organisations.
  • Mettre l’accent sur une meilleure communication, pour de meilleures relations : déterminer avec qui, comment et quand communiquer.
  • Effectuer des « bilans de santé » fréquents de la relation pour examiner ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas et prendre des mesures immédiates pour surmonter les difficultés.
  • Vérifier nos procédures de conformité et déterminer la façon dont elles peuvent favoriser un environnement plus propice aux bonnes relations.
  • Planifier la fin dès le début. Déterminer comment et quand la relation prendra fin. Éviter la dépendance, s’employer à favoriser des systèmes durables qui peuvent se passer de l’intervention de WaterAid.
  • Continuer à apprendre. Continuer à suivre la formation, pouvoir compter sur une communauté de pratique, et tirer des enseignements des autres organisations.

Retrouvez Louisa Gosling sur Twitter : @LouisaGosling1